Résumé de la pièce

Compiègne avril 1789 , Blanche, fille du Marquis de la Force, décide de rejoindre le Carmel. Elle pense trouver en ce lieu de prière un refuge à la peur qui la hante.
C’est une jeune fille fragile, hypersensible depuis sa naissance survenue dans des circonstances de violences populaires ayant entraîné la mort de sa mère. Accueillie par Madame de Croissy, prieure nourrie d’une longue expérience spirituelle, qui se laisse toucher par cette jeune novice, Blanche de la Force découvre la pleine mesure de son engagement. Elle est acceptée au sein du couvent et fait la connaissance de Soeur Constance, l’autre jeune novice, pleine de vie, d’humour et d’audace. Toutes deux vivent les derniers jours de la prieure dont la mort aux réalités si inattendues, semble épouser la mort d’une autre.
Au dehors, la Révolution gronde et se fait plus pressante. 1792, les ordres religieux sont supprimés et dispersés. La violence populaire s’invite au coeur du Carmel. Chaque religieuse est confrontée au mal et à la souffrance, à l’orgueil ou au doute, à la peur et à la solitude.

Extraits

SOEUR CONSTANCE : «Oh! j’ai beau être jeune, je sais bien déjà qu’heurs et malheurs ont plutôt l’air tirés au sort que logiquement répartis! Mais, ce que nous appelons hasard, c’est peut-être la logique de Dieu? Pensez à la mort de notre chère Mère, Soeur Blanche! Qui aurait pu croire qu’elle aurait tant de peine à mourir, qu’elle saurait si mal mourir! On dirait qu’au moment de la lui donner, le bon Dieu s’est trompé de mort.
On ne meurt pas chacun pour soi, mais les uns pour les autres, ou même les uns à la place des autres, qui sait…!»

LA PRIEURE : «Ma fille, ni vous, ni moi n’espérons plus que vous arriverez à surmonter votre angoisse mortelle... Sans doute, en d’autres temps... ou plus tard peut-être...
Pensez-vous réellement que nous vous fassions tort en vous renvoyant dans le monde?
BLANCHE : Je... C’est vrai que je n’espère plus surmonter ma nature. Non... je ne l’espère
plus... Oh ! ma Mère, partout ailleurs je trainerai mon opprobre ainsi qu’un forçat
son boulet. Cette maison est bien le seul lieu au monde où je puisse l’offrir au Père comme une infirme ses plaies honteuses. Car enfin ma mère, Dieu m’a peut-être voulue lâche, comme il en a voulu d’autres bonnes ou stupides.
LA PRIEURE : Calmez-vous. Je réfléchirai encore à tout ceci.»

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