Aux sources de l'oeuvre

A l’origine, La relation du martyre des seize carmélites de Compiègne (en 1792) est écrite par Marie de l’Incarnation (Françoise-Geneviève Philippe, 1761-1836), carmélite de Compiègne qui échappe à la guillotine.

La nouvelle de Gertrud Von Le Fort La Dernière à l’Échafaud

Gertrud von Le Fort prend pour base le récit La Relation du martyre des seize carmélites de Compiègne et imagine le personnage de Blanche de la Force très proche de sa propre sensibilité. Le nom même du personnage est comme un pseudonyme transparent de l’auteur : « de La Force » pour « Von Le Fort ». Elle déclare à propos de cette jeune femme effrayée qui vit dans l’angoisse depuis l’enfance et devient religieuse pour lutter contre cette souffrance :
« ... elle a reçu le souffle de la vie de mon esprit intérieur, et on ne peut la détacher de cette origine, qui est la sienne. Née dans l’horreur profonde d’une époque assombrie par les signes de la destinée, ce personnage m’est venu comme l’emblème d’une époque à l’agonie travaillant à sa propre ruine ».

Georges Bernanos(1888-1948) s’inspire de cette nouvelle pour écrire en 1948 le scénario d’un film qui ne sera réalisé qu’en 1960. Le manuscrit, enfoui dans un coffre en Tunisie ne sera retrouvé qu’après sa mort et publié en 1949 comme une sorte de «Testament» écrit avec sa chair et son sang (Bernanos souffre du cancer du foie qui va l’emporter) qu’il offre au monde en feu, émergeant de la Seconde Guerre mondiale...  Il est néanmoins adapté au théâtre par Jacques Hébertot en 1952 puis transformé en livret d’opéra par Francis Poulenc en 1957 sous le titre Dialogues des carmélites. En 1960, le père Bruckberger et Philippe Agostini portent enfin à l’écran le scénario original dans le film Le Dialogue des carmélites. En 1984 ce scénario sera repris par Pierre Cardinal pour Antenne 2 avec le titre original : Dialogues des carmélites

Adaptation au théâtre

1952 Dialogues des carmélites de Georges Bernanos est adapté au théâtre par Jacques Hébertot dans une mise en scène de Marcelle Tassencourt ; En 1987, une version intégrale sous la direction de Gildas Bourdet est donnée à Lille puis à Paris au Théâtre de la Porte St Martin sous l’égide de la Comédie Française.

Adaptation au cinéma

1960 : Le Dialogue des carmélites de Philippe Agostini et Raymond Léopold Bruckberger, avec Madeleine Renault, Jeanne Moreau, Alida Valli, Hélène Vallier, Judith Magre, Georges Wilson et Jean-Louis Barrault ; 1984 : Dialogues des carmélites, téléfilm de Pierre Cardinal ; 1999 : Dialogues des carmélites, téléfilm de Don Kent chorégraphie de Amir Hosseinpour

Opéra de Francis Poulenc

L’opéra fut créé le 26 janvier 1957 à la Scala de Milan dans une version italienne de Flavio Testi. La première de la version française eut lieu à l’Opéra de Paris, le 21 juin de la même année.

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